Manger trop de sucre n’est pas seulement une question de prise de poids : c’est une menace croissante pour la santé cardiovasculaire. Même si le sodium et les graisses saturées dominent souvent les discussions sur les maladies cardiaques, de plus en plus de preuves scientifiques suggèrent qu’une consommation élevée de sucre augmente considérablement le risque de problèmes cardiaques et d’accident vasculaire cérébral. Ce n’est pas seulement une question de calories ; la façon dont votre corps traite l’excès de sucre a un impact direct sur vos artères, votre taux de cholestérol et votre fonction cardiaque globale.
Comment le sucre nuit à votre système cardiovasculaire
Le danger réside principalement dans les sucres ajoutés – ceux que l’on trouve dans les aliments transformés, les boissons sucrées et même dans les produits apparemment sains comme les jus de fruits. Ces « sucres libres », comme les appellent les chercheurs, augmentent le risque de maladie cardiaque par plusieurs mécanismes clés :
- Déséquilibre du cholestérol : Lorsque votre foie a du mal à traiter l’excès de sucre, il produit plus de triglycérides (un type de graisse dans le sang) tout en abaissant simultanément les niveaux de « bon » cholestérol HDL et en augmentant le « mauvais » cholestérol LDL. Ce déséquilibre accélère le développement de la maladie coronarienne.
- Résistance à l’insuline et diabète : Des pics constants de sucre forcent votre corps à pomper de l’insuline pour réguler la glycémie. Au fil du temps, cela conduit à une résistance à l’insuline – un précurseur du diabète de type 2. Les personnes atteintes de diabète sont deux plus susceptibles de subir un accident vasculaire cérébral et les maladies cardiaques se développent plus tôt dans la vie.
- Dommages aux vaisseaux sanguins : Une consommation élevée de sucre endommage la paroi interne des vaisseaux sanguins, favorisant l’athérosclérose – l’accumulation de plaque qui rétrécit les artères. Cela restreint le flux sanguin vers le cœur, le cerveau et d’autres organes vitaux.
- Inflammation : Des recherches émergentes associent la consommation excessive de sucre à une inflammation systémique, exacerbant le risque de maladie cardiovasculaire. L’obésité, souvent alimentée par des régimes riches en sucre, contribue encore davantage à cet état inflammatoire.
Les chiffres ne mentent pas
Une étude de neuf ans portant sur plus de 110 000 personnes au Royaume-Uni a révélé une corrélation claire : pour chaque augmentation de 5 % de la consommation de sucre libre, le risque de maladie cardiaque augmente de 6 % et le risque d’accident vasculaire cérébral augmente de 10 %. L’Américain moyen consomme environ 17 cuillères à café de sucre ajouté par jour, soit trois fois la quantité recommandée par l’American Heart Association (AHA). L’AHA conseille de limiter le sucre ajouté à 6 % maximum de vos calories quotidiennes, ce qui équivaut à environ 6 cuillères à café (24 grammes) dans un régime standard de 2 000 calories.
Les édulcorants artificiels : une fausse solution ?
Même les édulcorants artificiels ne sont pas totalement sans risque. Une étude observationnelle récente impliquant plus de 100 000 participants a révélé que la consommation régulière d’aspartame était liée à un risque plus élevé d’accident vasculaire cérébral, tandis que l’acésulfame de potassium et le sucralose étaient associés aux maladies coronariennes. Les personnes qui consommaient des quantités importantes d’édulcorants artificiels présentaient un risque d’accident vasculaire cérébral près de 20 % plus élevé et un risque de maladie cardiovasculaire de 10 % plus élevé.
L’essentiel
Réduire la consommation de sucre ajouté est une étape essentielle vers la protection de votre cœur. Bien que l’élimination complète du sucre puisse être irréaliste pour beaucoup, une consommation consciente est essentielle. Lisez attentivement les étiquettes des aliments (le sucre ajouté est désormais répertorié), choisissez les aliments entiers plutôt que les aliments transformés et donnez la priorité à une alimentation équilibrée, faible en sodium et en graisses saturées. La santé à long terme de votre cœur en dépend.
