Près de la moitié des adultes diabétiques souffrent de douleurs articulaires chroniques, ce qui en fait un problème de santé critique pour des millions de personnes. La relation entre le diabète et l’arthrite est forte : chaque affection peut aggraver l’autre. L’hyperglycémie peut endommager directement les articulations, tandis que l’inflammation causée par l’arthrite peut rendre le diabète plus difficile à gérer. Cet article décrit les principaux liens, risques et stratégies de traitement pour les personnes vivant avec les deux maladies.
La relation bidirectionnelle : pourquoi c’est important
Le diabète, en particulier de type 2, s’accompagne souvent d’un syndrome métabolique, notamment d’un excès de poids, qui exerce une pression importante sur les articulations. Cependant, le lien est plus profond. Une glycémie mal contrôlée alimente l’inflammation et la formation de produits finaux de glycation avancée (AGE) – des composés nocifs qui accélèrent les lésions articulaires.
À l’inverse, les maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, plus fréquente dans le diabète de type 1, sont liées à une résistance accrue à l’insuline et à une instabilité de la glycémie. Les voies inflammatoires communes signifient que la gestion efficace d’une maladie peut améliorer l’autre.
Types d’arthrite et de diabète
Plusieurs types d’arthrite sont fortement associés au diabète :
- Arthrose : La forme la plus courante, causée par l’usure des articulations, est exacerbée par l’obésité et l’inflammation chronique.
- Polyarthrite rhumatoïde : Une maladie auto-immune qui attaque les tissus articulaires est plus fréquente chez les personnes atteintes de diabète de type 1 en raison de prédispositions génétiques communes.
- Arthrite psoriasique : Liée à un système immunitaire hyperactif, elle peut augmenter le risque de diabète de type 2 et de syndrome métabolique.
- Goutte : Fréquente dans le diabète de type 2, elle provoque des douleurs articulaires soudaines et sévères dues à l’accumulation d’acide urique.
- Autres conditions : L’épaule gelée, le syndrome de la main diabétique, le pied de Charcot et le lupus ont également des liens documentés avec le diabète.
Stratégies de traitement : une approche à multiples facettes
La gestion du diabète et de l’arthrite nécessite une stratégie globale :
- Contrôle de la glycémie : Il est fondamental de maintenir une glycémie stable. La diminution des cibles d’A1C réduit l’inflammation et les lésions nerveuses.
- Médicaments : Les AINS, l’acétaminophène, les stéroïdes et les DMARD peuvent aider à gérer la douleur et l’inflammation, mais la prudence est de mise. Les stéroïdes peuvent augmenter la glycémie et les immunosuppresseurs peuvent augmenter le risque d’infection en cas de diabète mal contrôlé.
- Thérapies non médicinales : La physiothérapie, l’acupuncture, l’exercice, les massages et la perte de poids peuvent améliorer considérablement la santé des articulations. Des examens réguliers des pieds sont essentiels pour les personnes atteintes de neuropathie afin de prévenir les complications.
Perte de poids : un facteur critique
La perte de poids est particulièrement bénéfique dans les deux cas. Réduire le poids soulage le stress sur les articulations, réduit l’inflammation et améliore la sensibilité à l’insuline. Même une perte de poids modeste peut entraîner des améliorations significatives dans la gestion de la douleur et le contrôle de la glycémie.
L’essentiel
Le diabète et l’arthrite coexistent fréquemment, créant un défi de santé complexe. Une prise en charge efficace nécessite une approche holistique : contrôler la glycémie, utiliser des médicaments appropriés, adopter des changements de mode de vie et travailler avec des spécialistes de la santé. Donner la priorité à la santé des articulations parallèlement aux soins du diabète peut améliorer la qualité de vie et prévenir les complications à long terme.




















